Avant dernier dimanche de l’Eglise.

« Moi, Jean, votre frère, qui partage avec vous la détresse, le royaume et la persévérance dans l’union avec Jésus, j’étais dans l’île de Patmos parce que j’avais proclamé la Parole de Dieu et la vérité dont Jésus est le témoin. Le jour du Seigneur, l’Esprit de Dieu se saisit de moi, et j’entendis derrière moi une voix forte, pareille au son d’une trompette. Elle disait : écris dans un livre ce que tu vois, et envoie-le à ces sept églises : Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. Je me retournais pour découvrir quelle était cette voix. Je retournais et voici que je vis : il y avait sept chandeliers d’or et au milieu des chandeliers, quelqu’un qui ressemblait à un homme. Il portait une longue tunique, et une ceinture d’or lui entourait la poitrine. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, oui, comme la neige. Ses yeux étaient comme une flamme ardente et ses pieds étincelaient comme du bronze incandescent au sortir d’un creuset. Sa voix retentissait comme celles des grandes eaux. Dans sa main droite, il tenait sept étoiles, et de sa bouche sortait une épée aiguisée à double tranchant. Son visage était éblouissant comme le soleil quand il brille de tout son éclat. Quand je le vis, je tombais à ses pieds, comme mort. Alors il posa sa main droite sur moi en disant : n’aie pas peur. Moi, je suis le premier et le dernier, le vivant. J’ai été mort, et voici : je suis vivant pour l’éternité ! Je détiens les clés de la mort et du séjour des mort. » Apocalypse 1 : 9-18.

« Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises. Au vainqueur, je donnerai à manger du fruit de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. […] Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises. Au vainqueur, la seconde mort ne causera pas de mal. […] Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises. Au vainqueur, je donnerai la manne cachée et une pierre blanche ; sur cette pierre est gravée un nom nouveau, que personne ne connaît, sauf celui qui le reçoit. […] Au vainqueur, à celui qui continue à agir jusqu’à la fin selon mon enseignement, je donnerai autorité sur les nations. » Apocalypse 2 : 7. 11. 17. 26.

« Le vainqueur portera ainsi des vêtements blancs, je n’effacerai jamais son nom du livre de vie, je le reconnaîtrai comme mien en présence de mon Père et de ses anges. […] Du vainqueur, je ferai un pilier dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus jamais. Je graverai sur lui le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem, qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau. […] Le vainqueur, je le ferai siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, je suis allé siéger avec mon Père sur son trône après avoir remporté la victoire. » Apocalypse 3 : 5. 12. 21.

« Tel sera l’héritage du vainqueur. Je serai son Dieu, et il sera mon fils. » 21 : 7.



Quand un chrétien est à bout de souffle, quand il n'a plus de force et qu'il tombe à terre, il faut que Dieu intervienne. Il faut que Dieu le prenne par la main et le relève. Quand ce chrétien est un vieil apôtre, exilé sur une île "à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus" (Apoc 1:9), après un ministère sans doute très difficile, il faut que quelque chose se passe, le console et lui mette du baume au cœur. Ce « quelque chose », Frères et sœurs, a été carrément surnaturel !

Le Seigneur a voulu que le dernier livre de la Bible soit à la fois terrible et merveilleux, inquiétant et consolant. Dieu offre à Jean un grand nombre de visions. Visions inspirées, consignées par écrit qui vont soulager, soutenir, encourager et réconforter son apôtre en exil. En cet avant- dernier dimanche de l’année ecclésiastique, consacré à la méditation des derniers temps, ouvrons le livre de l’apocalypse !

Frères et sœurs, depuis le jour où nous avons été baptisés en Jésus, nous portons le glorieux nom du Christ. Le texte que nous venons de lire veut nous rappeler qui est le Maître que nous servons. Il a deux choses à nous dire:

1) "N’aie pas peur !"

2) "Combats jusqu'au bout!"

1) "N’aie pas peur !" Le bulletin paroissial du mois de novembre nous présentait l’extrait d’un sermon du réformateur Martin Luther sur la mort. Luther nous a appris, à la suite des prophètes et des apôtres, ce que signifient les paroles du Christ: "Je suis la résurrection et la vie". Jésus est la vie et il peut la donner à qui il veut parce qu’il est le fils de Dieu. Il peut offrir la vie éternelle parce qu’il l’a acquise par sa mort. Ainsi, par sa mort, il a fait mourir la mort, pour que tous ceux qui viennent à lui ne meurent pas le jour où vient la mort. Curieuse façon de parler, n’est-ce pas ? Mais c’est celle de Jésus, l’auteur de la vie : grâce à lui, la mort n’est plus qu’un simple passage de cette vie à l’autre !

En Jésus, nous avons un grand sauveur et un puissant Seigneur : "Je fus saisi par l'Esprit au jour du Seigneur, écrit Jean, et j'entendis derrière moi une voix forte comme le son d'une trompette qui disait: Ce que tu vois, écris-le dans un livre" (V.10.11). Le texte que nous venons de lire nous transporte au « jour du Seigneur ». Non, pour un chrétien, les jours ne sont pas égaux ! Sans doute le lundi ressemble-t-il au mardi à peu de choses près comme deux gouttes d'eau, le mardi au mercredi (sauf pour les enfants), le mercredi au jeudi, et ainsi de suite, mais le dimanche n'est pas un jour comme les autres, et puisse-t-il ne jamais le devenir. Le dimanche, du latin "dies dominica", est le jour du Seigneur, le jour de la résurrection du Christ et de sa victoire sur la mort. Ne l'oublions jamais! Que ce soit ici ou ailleurs, Jésus nous attend tous les dimanches matin pour célébrer sa victoire, et il n'y a pas de vrai christianisme sans cette célébration autour de la Parole et des sacrements.

Nous allons bientôt célébrer Noël. Le Seigneur victorieux qui apparaît à Jean est l’enfant de Bethléhem, le fils du charpentier avec lequel il a vécu pendant trois ans. Mais c'en est fini de l'humilité et de l'abaissement, de la souffrance et de la croix. Le Christ de l'Apocalypse est le Seigneur ressuscité et glorifié, celui que le Credo apostolique appelle le Tout-puissant, le Christ de majesté qui figure sur le tympan de nos cathédrales ; sa domination s'exerce sur le monde entier. L'apparition est majestueuse. C'est un tableau aux multiples facettes. Analyser ce tableau reviendrait à écouter séparément chaque note d'un concerto de Mozart ou d'un oratorio de J.S. Bach. Ce tableau nous appelle à une adoration émerveillée.

"N’aie pas peur !" Celui que tu adores et que tu sers porte une longue tunique, un vêtement de roi. Elle est retenue par une ceinture d'or, symbole de sa dignité royale. Ton Rédempteur est Roi, Roi de toute la terre. Ses cheveux sont comme ceux de l'Ancien des jours dans la vision de Daniel1. Ils sont plus blancs que la laine et la neige, symbole de la sagesse dont on dit qu'elle vient avec l'âge. Ton roi n'est pas resté un enfant dans son berceau. Ne l’appelle pas : « Petit Jésus » ! C’est le Dieu d'éternité. Il sait comment régner.

"N’aie pas peur !" Jean aperçoit ton Rédempteur au milieu de sept chandeliers disposés sans doute en demi-cercle et représentant les sept Eglises de l'Asie Mineure. Il tient dans sa main droite les sept étoiles qui sont les anges de ces sept Eglises. Cela signifie que Jésus est au milieu de toi et de tes pasteurs, au milieu de tous ceux qui portent et invoquent son nom, de tous ceux qui le confessent dans ce monde sans Dieu (ou rempli de faux dieux). Ses yeux sont comme des flammes de feu. Il voit et il sait toutes choses! Ses pieds sont comme du bronze incandescent, tant sa démarche est assurée et ferme, celle d'un vainqueur qui ne recule devant rien et que rien n'arrête. De sa bouche sort une épée à double tranchant. Il s’agit de sa Parole, avec laquelle il conquiert le monde, la Parole avec laquelle il le jugera, la Parole qui brise et qui relève, qui accuse et qui acquitte, qui condamne et qui sauve. Son visage enfin, est comme le soleil, un soleil qui "brille dans sa force", un soleil majestueux. Songe à ce beau cantique: "Soleil de justice, Jésus, bon Sauveur! Sois à nous propice, Sauve le pécheur!"

Que l'Eglise le sache et qu'elle ne désespère pas ! Elle a un Seigneur puissant et majestueux. Alors, la bête de l'Apocalypse, symbole de toutes les puissances hostiles à l'Evangile, a beau être terrifiante, avec ses "dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes et sur ses têtes des noms de blasphème"2. Elle peut bien avoir une tête de léopard, des pattes d'ours et une gueule de lion. Satan, le dragon, peut toujours lui donner "sa puissance, son trône et une grande autorité", l'Eglise chrétienne est entre les mains du plus fort, de celui qui aura le dernier mot ; il tient dans la main la clé du grand abîme, qui enchaînera éternellement le dragon et anéantira la bête. La victoire est à notre Dieu et à l'Agneau et à tous ceux qui l'adorent.

"N’aie pas peur", nous dit Jésus. Gentil mot pour nous rassurer? Non, frères et sœurs. Jésus a les moyens de ses promesses : "N’aie pas peur ! Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J'étais mort, et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clés de la mort et du séjour des morts" (V.17.18).

"N’aie pas peur !... J'étais mort", mort sur la croix, car « sans effusion de sang il n'y a pas de pardon » dit l’Epître aux Hébreux3. Mort parce qu'il fallait une obéissance parfaite à la Loi. Mort, parce que l'Agneau de Dieu devait s'immoler pour nous sauver. Mort pour que le péché ne puisse plus tuer. Mort pour que le péché ne puisse plus condamner. Mort parce qu'il n'y a pas de vie dans ce monde, or Dieu veut que le monde vive. Mort pour qu'il puisse faire grâce aux coupables.

"J'étais mort". Mais d'autres aussi sont morts ! Innombrables sont les innocents, victimes de l'injustice humaine, quand ce n'est pas de la folie humaine. Alors, si les choses en étaient restées là, l'histoire de Jésus se serait refermée au soir du Vendredi Saint. Mais le Christ peut dire: "J'étais mort, et voici je suis vivant aux siècles des siècles". Preuve que celui qui a donné sa vie pour le salut du monde a su aussi la reprendre. Preuve que l'homme Jésus est aussi vrai Dieu. Preuve que le sang qui a coulé sur la croix est un "sang précieux" comme le dit l'apôtre Pierre, parce qu'il est non seulement le sang d'un agneau innocent, mais aussi celui de l'Homme-Dieu, le sang de Dieu devenu homme.

"J'étais mort, et voici je suis vivant aux siècles des siècles". Vivant parce que le Créateur du ciel et de la terre a voulu proclamer au monde entier qu'il était réconcilié, que son Fils avait tout accompli, que nous sommes rachetés, que le pardon et la vie éternelle sont là, à portée de main, offerts dans l'Evangile, le baptême et l'eucharistie à tous ceux qui ont soif de pardon et faim de vie éternelle, à tous ceux qui croient. Voilà pourquoi Jésus dit à Jean, à son Eglise de jadis et d'aujourd'hui, aux croyants de tous les temps, à toi et à moi: " N’aie pas peur ! »

" N’aie pas peur ! Je suis le premier et le dernier, le vivant. J'étais mort, et voici je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clés de la mort et du séjour des morts". Quand jadis un roi faisait le siège d'une ville et parvenait à la conquérir, il exigeait qu'on lui en remette les clés, symbole de sa victoire. Voilà pourquoi dans le magnifique bronze du sculpteur Auguste Rodin, cinq bourgeois de Calais se dévouent et vont remettre aux Anglais les clés de la ville. Chacun de nous porte sans doute quelques clés dans ses poches ou dans son sac à main. Clés de maison, clés de voiture. Elles attestent que nous en sommes les propriétaires ou les occupants légitimes. Jésus tient dans les mains les clés de la mort et du séjour des morts. J'aurais préféré que Louis Segond traduise comme Luther "les clés de la mort et de l'enfer" ; à la différence de Louis Segond, je crois à la réalité d'un enfer, mais je crois aussi à la victoire sur l'enfer.

" N’aie pas peur !" Jésus-Christ a vaincu la mort et l'enfer. Sa résurrection a brisé les liens de la mort. Elle ne peut plus nous retenir. Elle ne peut plus nous séparer de Dieu. Par sa résurrection, il a sanctifié nos tombes et en a fait un lieu de repos passager, en attendant que nous ressuscitions à notre tour avec des corps glorieux et immortels, semblables au sien. Il a aussi vaincu l'enfer. Il a investi le royaume de Satan où il est allé proclamer sa victoire et dont il s'est fait remettre les clés avant de sortir de la tombe au matin de Pâques. "N’aie pas peur", Christ vit et nous vivrons aussi. Celui qui croit en lui vivra même s’il meurt, et celui qui vit et croit en lui ne mourra jamais. Le Fils de Dieu a détruit les oeuvres du diable et a mis en évidence la vie et l'immortalité.

Les temps sont difficiles pour tous les vrais croyants qui veulent vivre sincèrement leur foi, bâtir en eux un temple à la gloire du Seigneur et élever leurs enfants dans la crainte de son nom. Les temps sont aussi difficiles pour l'Eglise. Dieu lui a confié le merveilleux trésor de son Evangile, une perle qui mériterait qu'on fasse ce qu'a fait l'homme de la parabole, qu'on vende tout ce qu'on a pour l'acheter. Mais voyez tous ces bancs vides ! « L’ouvrier mérite son salaire », dit la Bible, mais cela fait trois ans que je vous enseigne dans les conditions que vous connaissez... Notre cas est loin d'être unique. Parfois, je me dit qu’on ne veut plus d'une église qui n'a que l'Evangile à offrir. Et pendant ce temps les sectes fleurissent, font des adeptes et de l'argent ; les médias ne se privent pas, à l’occasion, de nous apprendre l'incroyable, l'inadmissible, l'atroce. Ici, c’est le Temple Solaire qui immole ses membres pour retrouver je ne sais quelle constellation céleste. Ailleurs, ce sont des peuples qui se déchirent, partout sur la planète, au nom de la religion. Quoi d’étonnant, dans ces conditions, à ce que le magasine Marianne titre cette semaine dans tous les kiosques : « Dieu est-il criminel ? »

Prêchons-nous un Evangile dont le monde ne veut plus? Ne faisons-nous pas assez pour le répandre autour de nous? Ou se pourrait-il que l'Evangile tel que le prêchons ne soit pas suffisamment perçu comme un message libérateur, comme une source de bonheur et de paix? Il doit y avoir du vrai dans tout cela.

" N’aie pas peur " nous dit le Seigneur. La promesse faite jadis au peuple d'Israël est éternelle : "Je suis l'Eternel, ton Dieu, qui fortifie ta droite, qui te dis: Ne crains rien, je viens à ton secours. Ne crains rien, vermisseau de Jacob, dit l'Eternel, et le Saint d'Israël est ton Sauveur" (Es 41:13).

2

"N’aie pas peur". Mais aussi: "Combats jusqu'au bout!" Il nous faut des consolations et des encouragements. Nous en avons bien besoin. Mais il nous faut aussi des exhortations, des mises en garde et même des réprimandes, car nous avons aussi besoin d'être secoués. J'ai trouvé dans l'Apocalypse sept textes qui martèlent une vérité extrêmement importante. Ils nous rappellent que si ce livre est plein de promesses, celles-ci sont faites à qui persévère jusqu’au bout.

"A celui qui vaincra, je donnerai à manger de l'arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu"4. Christ a les clés de la mort et de l'enfer. Il a donc aussi les clés du paradis, un paradis qui n'est plus gardé par des anges armés d'épées. L'arbre de vie couronne son centre, ce qui signifie que la vie éternelle est là pour tous. Mais elle ne sera accordée qu'à celui qui persévère jusqu’au bout.

"Celui qui vaincra n'aura plus à souffrir la seconde mort"5. Tu connaîtras la première mort, car tu es poussière et tu retourneras un jour à la poussière. Mais la seconde te sera épargnée, car celui qui croit en Christ est passé de la mort à la vie et de l'enfer au ciel. La promesse est là pour tous, mais pour la voir s'accomplir, il faut vaincre.

"A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai un caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit"6. Frères et sœurs, nous recevrons de la manne du ciel, image de justice, de paix, de bonheur et de joie dont nous serons rassasiés. Et un caillou blanc. Dans l'Antiquité, les membres d'un jury disposaient de deux cailloux, un blanc et un noir. Selon qu'ils considéraient l'inculpé comme coupable ou innocent, ils posaient devant eux le caillou noir ou le caillou blanc. Jésus nous donnera un caillou blanc. "Non coupables!" Nous serons innocentés, disculpés, acquittés, à jamais délivrés du péché. Plus rien ne nous accusera. Ailleurs dans l'Antiquité, des cailloux blancs servaient parfois de carte d'invitation à un banquet. Il fallait remettre son caillou au portier pour entrer dans la salle du festin. Jésus nous donnera un caillou sur lequel sera inscrit notre nom nouveau, celui qui nous donnera droit à l'héritage céleste. Mais vous l'avez entendu: ce caillou est pour celui qui vaincra.

"Celui qui vaincra sera revêtu de vêtements blancs. Je n'effacerai point son nom du livre de vie et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges"7. Des vêtements blancs nous attendent dans le paradis. Depuis notre baptême, nous portons les vêtements de l'innocence et de la justice. Ceux du salut et de la victoire nous seront donnés à l'entrée du paradis. Une tenue pour la terre, une tenue pour le ciel ! Le prêt à porter de la grâce, un costume pour l’éternité ! A une condition: que nous remportions la victoire.

"Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus. J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau"8. Bien des édifices dans ce monde, des salles, des rues, des places et des squares portent les noms d'hommes célèbres. Bien des plaques commémoratives rappellent le souvenir de tel ou tel citoyen méritant. Notre rue à nous est dans le ciel. Elle ne porte pas notre nom, mais celui de notre Dieu et Sauveur. Nous sommes si peu dignes d'y avoir une place, encore moins une rue ! Le Seigneur nous l'a méritée, mais vous avez entendu à qui il la réserve: "à celui qui vaincra...".

"Celui qui vaincra, je le ferai asseoir sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône"9. Aucun de nous n'a de trône ici-bas. Du moins à ma connaissance, sinon, qu’il se fasse connaître très vite à la trésorière de l’église !Les trônes des hommes sont pour les grands de ce monde, les présidents et les rois, et nous ne sommes pas de ceux-là. Qu'importe ! Les honneurs royaux nous sont réservés là où nous les avons le moins mérités : au ciel. Nous serons assis, non pas à côté ou en dessous du trône de Jésus, mais sur son trône, car nous aurons part à sa victoire et à sa gloire. Mais encore une fois, pour obtenir cela il nous faut d'abord vaincre. La couronne est à ce prix-là.

"Celui qui vaincra héritera ces choses. Je serai son Dieu et il sera mon fils"10. Tout ce que Jésus nous a acquis, nous l'aurons. Tout ce qu'il a promis à son Eglise lui sera accordé. Alors son merveilleux plan sera enfin accompli, définitivement et éternellement accompli, et Dieu sera tout en tous. Pour cela, il faut vaincre! Sept textes de l'Apocalypse ont été cités pour nous le rappeler. Il n'y a pas de victoire sans combat. L'ennemi ou les ennemis? Vous les connaissez. Les armes ? Ailleurs dans le Nouveau testament, Paul nous les décrit : C'est la ceinture de la vérité, la cuirasse de la justice, le bouclier de la foi, le casque du salut, l'épée de l'Esprit qu'est la Parole de Dieu11. La force et l'endurance? Elles sont là, dans l'Evangile, dans la grâce de notre baptême, dans le corps et le sang du Christ distribués dans la Cène.

"N’aie pas peur!" Mais aussi, "combats jusqu'au bout!" Les temps sont difficiles pour chaque enfant de Dieu dans le monde. Ils sont difficiles aussi pour l'Eglise qui annonce l'Evangile et confesse sa foi, et ils le deviendront peut-être encore plus. Courage, frères et sœurs. Jésus nous dit: "Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J'étais mort, et voici je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clés de la mort et du séjour des morts!" Amen.

1 Chapitre 7

2 Apocalypse 13 :1 (Passage suivant : 13 :2)

3 9 :22

4 Apocalypse 2 :7b

5 Apocalypse 2 :11

6 Apocalypse 2 :17

7 Apocalypse 3 :5

8 Apocalypse 3 :12 et 13

9 Apocalypse 3 :21

10 Apocalypse 21 :7

11 Ephésiens 6 :11-17

6